La volonté du président russe de reconstituer son « étranger proche » passe par la conquête ou la déstabilisation. Par peur d’être le prochain sur la liste, les voisins de la Russie cherchent encore le bon moyen de l’en dissuader.

Illustration : ChatBDP & Samho
Ils avaient vu juste. Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Le 12 août 2008, quatre dirigeants d’Europe centrale et orientale arrivaient à Tbilissi. Les forces armées russes venaient d’envahir la Géorgie pour venir « au secours » des régions d’Abkhazie et d’Ossétie du sud, en voie de sécession. Le président polonais Kaczyński, accompagné de ses homologues baltes et du président ukrainien de l’époque entendaient témoigner la solidarité et le soutien de leurs pays à la société civile géorgienne. Le chef de l’État polonais, un ancien compagnon de route de Lech Walesa dont il s’était émancipé pour fonder le parti Droit et Justice (PiS), était déjà très critiqué en Europe pour ses positions réactionnaires et eurosceptiques. Mais sa virulence à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine était bien4555