Par Robert Namias

Photo Pierre Vauthey / Sygma Corbis


Longtemps discrets, les communicants ont envahi la scène médiatique avec l’affaire DSK. Au risque de décrédibiliser le message que les politiques souhaitent adresser à l’opinion. Beaucoup préconisent aujourd’hui un retour à la théorie de la rareté.
Si le grand air de la calomnie est toujours aussi populaire, l’ère de la communication fait à coup sûr partie des tubes du moment : communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose ! C’est du moins ce qu’expliquent aux politiques ceux dont le métier est de définir pour les dirigeants, actuels ou futurs, une stratégie de valorisation des décisions prises et des projets envisagés. La communication politique n’est pas    d’aujourd’hui : Giscard déjà en avait fait une arme personnelle, Mitterrand s’est appuyé sur Jacques Pilhan, Chirac également.
Depuis, les communicants ont fait florès et sont très (trop ?) présents. Du coup beaucoup de Français s’interrogent aujourd’hui sur leur rôle. La frontière est ténue entre communication et manipulation. La première est nécessaire, la seconde en revanche peut constituer rapidement une dérive dangereuse qui transforme le discours en un scénario mensonger. Cette communication- manipulation, que l’on a spectaculairement vue à l’œuvre dans l’affaire DSK, ne peut que nuire à la crédibilité des poli- tiques, perçus comme des marionnettes actionnées par des professionnels du marketing. Certes, il ne s’agit pas de les soustraire aux codes qui permettent d’utiliser efficacement les différents canaux d’expression. Encore moins d’ignorer ce que les chercheurs en communication nous apprennent sur la manière la plus efficace d’adresser un message. Faut-il encore que la sincérité et le souci d’être vrai l’emportent sur le préfabriqué et la mise en scène. Aux communicants eux-mêmes de le rappeler à ceux qu’ils conseillent. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre dit un dicton populaire. C’est plus vrai que jamais.
A lire les points de vue de Jean-Pierre Raffarin et de Bastien Millot sur les changements dans la communication politique.

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