Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France.

Jacques Pélissard, président de l’Association des maires de France. ÉRIC FEFERBERG/AFP


À l’occasion du Congrès de l’AMF, Jacques Pélissard, son président, évoque pour L’Hémicycle, partenaire de cet événement annuel, les sujets d’actualité : partenariat entre l’État et les collectivités, gouvernance infrarégionale, mutualisation des moyens, Agence publique de financement et unité de l’AMF.
Pourquoi avoir choisi cette année la thématique « Les territoires, acteurs d’un monde en mutation », à l’occasion du 95e Congrès des maires ?
Notre société évolue et l’adaptation des territoires à ce monde en mutation nous semblait cette année une thématique importante et d’actualité. Les contraintes actuelles sont vécues chaque jour par les maires. C’est important de réfléchir, dans un congrès comme celui-là, aux remèdes que l’on peut apporter, d’autant plus qu’une nouvelle législature a commencé.
Comment espérez-vous voir associer les communes à l’acte III de la décentralisation ?
L’État décide parfois seul et il faut qu’en amont les collectivités locales puissent engager une négociation avec l’État et un dialogue prenant en compte les aspirations respectives. Il faut créer un vrai partenariat entre l’État et les collectivités locales, avec la mise en place d’un pacte de confiance. Le Haut Conseil des territoires devra constituer cette instance de dialogue, de négociation et d’expertise associant les collectivités territoriales à la préparation et au suivi des projets et propositions de réformes ayant un impact territorial. Cela passe aussi par la mise en place d’une gouvernance infrarégionale facilitant cette coconstruction avec l’État pour une bonne répartition des compétences.
Qu’espérez-vous de l’intervention du chef de l’État ?
J’espère plusieurs choses, et certains dossiers sont urgents. L’État doit faire confiance aux collectivités par le biais de l’Agence publique de financement pour que le crédit soit moins coûteux et que chaque maire puisse continuer d’investir. Une autre demande, qui j’espère sera satisfaite, porte sur la réduction des normes et l’étude de l’impact financier de chacune d’entre elles. Je vous donne un exemple : la norme sur l’amiante a encore été aggravée cet été. Cela crée des coûts supplémentaires que les collectivités ont du mal à assumer. Un autre dossier qui me tient à coeur est celui de la mutualisation des moyens pour permettre une meilleure efficacité des dépenses publiques. Le président de la République, à l’occasion de son discours du 5 octobre dernier en Sorbonne, a déjà apporté des réponses positives à certaines demandes : instauration d’un pacte de confiance entre l’État et les collectivités territoriales, droit à l’expérimentation, amélioration du statut de l’élu, création du Haut Conseil des territoires.
Quelle sera la gouvernance que vous souhaitez pour l’AMF ?
L’unité de l’AMF est un élément essentiel de la force de notre association. Quel que soit le gouvernement nous devons rester unis. Je suis le garant de cette unité.

Joël Genard
Article paru dans le numéro 456
du mercredi 21 novembre 2012

Partager :