Le numéro 501 de L’Hémicycle vient de paraître ! Il se penche sur la crise globale provoquée par le Covid-19 et sur ses conséquences politiques, économiques, sociales et géopolitiques. Avec Jean-Pierre Raffarin, Louis Gautier, Thomas Gomart, Michel Winock, Agnès Pannier-Runacher, Sophie Primas ou encore Maurice Gourdault-Montagne.

La pandémie due au Covid-19 constitue un bouleversement majeur. Pour la première fois, au nom du principe de précaution, la moitié des habitants de la planète ont subi peu ou prou le même sort, de ne pas être libres de sortir de chez eux, de travailler ou de faire ce que bon leur semble. De Wuhan à New York, en passant par Rio de Janeiro, Kinshasa et Paris, ils ont aussi partagé, par l’entremise des réseaux sociaux, les mêmes émotions, mêlées d’angoisse et d’espérance.

Face à ce coronavirus, le monde s’est-il affolé ? « Oui, très clairement », nous dit Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Sans doute parce que nous ne connaissons pas encore l’ampleur de cette crise globale, ni ce qu’elle va vraiment changer. « Le monde ne sortira pas indemne de l’épreuve », ajoute Louis Gautier, ancien secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, alors que la compétition stratégique entre la Chine et les États-Unis tournent à un affrontement ouvert. « Face à la Chine, le vrai défi est européen », lance, pour sa part, le diplomate Maurice Gourdault-Montagne, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay. « Notre enjeu national, mais aussi celui de l’Europe, c’est d’avoir une stratégie industrielle proactive pour éviter le déclassement », confirme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie et des Finances, dans un débat avec Sophie Primas, présidente de la commission des Affaires économiques du Sénat, animé par Éric Revel.

Le Covid a balayé, en quelques semaines, un certain nombre de certitudes, sur notre façon de vivre, de penser, de produire et de consommer. Nous ne sommes plus dans le « monde d’avant », et pas encore dans le « monde d’après ». Dans cet entre-deux, l’épidémie infecte les corps sociaux, amplifie les inégalités et aggrave les traumatismes du monde, en particulier de la société française. Ces plaies, examinées par Martial Foucault, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), dans une étude qu’il dévoile en exclusivité dans L’Hémicycle, seront longues à cicatriser, notamment chez les plus fragiles. « Plus de Français vont souffrir », craint en écho Jean-Pierre Raffarin. « Les fractures sociale, territoriale, numérique, religieuse, éducative… vont s’entremêler », décrit, dans le grand entretien qu’il nous a accordé, l’ancien Premier ministre. Parallèlement, on assiste, depuis plus de deux ans, à une montée de la violence. Un phénomène décrypté, dans nos pages, par l’historien Michel Winock, spécialiste de l’histoire de la Ve République. Signe inquiétant, selon lui, du divorce croissant entre les citoyens et notre système démocratique. La très faible participation au second tour des municipales, le 28 juin, en est, en partie, l’illustration.

Dans le monde d’après, les défis à surmonter seront gigantesques, si l’on ne veut pas ajouter, à l’angoisse sanitaire et à la crise économique, un choc politique.

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