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Olivier Marleix, invité du Club Hémicycle, le replay

Invité du Club de L’Hémicycle, jeudi 8 février, Olivier Marleix, le patron des députés LR, a estimé qu’Emmanuel Macron « a décidé de laisser les clés de l’Élysée à Madame Le Pen ».

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« Le décalage entre les mots et la réalité du bilan est assez stupéfiante. » Invité du Club de L’Hémicycle, jeudi 8 février, Olivier Marleix, président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale s’est, sans surprise, livré à une acerbe critique du Président Emmanuel Macron et de de son nouveau chef du gouvernement, Gabriel Attal. « Ce premier ministre parle très bien et a une capacité un peu angélique à découvrir les problèmes du pays, comme si ces problèmes dataient d’hier, et à enfoncer des portes ouvertes pour régler ces problèmes. »

Au chapitre du remaniement, dont la deuxième vague, très attendue, a été faite par simple communiqué au moment même où le chef des députés LR répondait aux questions de L’Hémicycle, ce dernier s’est montré très critique : « Je trouve un peu indigne cette histoire de remaniement, a-t-il indiqué (…) On est un des trois pays les plus endettés d’Europe, qui connait une crise du logement sans précédent, où des salariés dorment dans leurs voitures (…), où la délinquance explose, où les hôpitaux craquent. Et on passe un mois et demi à se regarde le nombril ! Pardonnez-moi de ne pas m’intéresser au nombril de François Bayrou… » Une allusion au président du Modem, allié d’Emmanuel Macron, qui a argué d’un désaccord « profond sur la politique à suivre » pour justifier le fait qu’il ne rejoignait pas le nouveau gouvernement.

Interrogé sur l’entrée, dans l’équipe de Gabriel Attal, de la nouvelle ministre de la Culture, Rachida Dati, personnalité de LR, Olivier Marleix l’a dépeinte comme une « ancienne figure du mouvement », dont le ralliement « n’est pas quelque chose de bouleversant », a-t-il relativisé : « Rachid Dati, c’est la dame de Paris Match. C’est un vrai non sujet. » Fustigeant les « petites aventures personnelles », il a attaqué la stratégie de débauchages à droite d’Emmanuel Macron. « Ce qu’essaye de faire le Président, c’est de tuer les Républicains. Mais si on tue LR, qu’est-ce qu’il reste en face ? Le Rassemblement National (RN). Le Président de la République joue avec le feu. Il a décidé de laisser les clés de l’Élysée à Madame Le Pen », a estimé le député d’Eure-et-Loir, évoquant « un jeu mortifère pour le pays ».

Interrogé sur l’insistance de Nicolas Sarkozy à plaider, depuis des mois, pour une alliance entre les macronistes et LR, Olivier Marleix a jugé que l’ex-chef de l’État « a eu une fin de non-recevoir de la part du Président ». A l’en croire, « Nicolas Sarkozy ne nous a pas toujours fait de cadeaux ces derniers mois, ça nous amène aussi à prendre nos responsabilités (…) On a appris, nous, à vivre sans Nicolas Sarkozy. C’est peut-être l’âge de la majorité… »

Pour autant, le patron du groupe LR au Palais-Bourbon ne semble pas disposé à user de l’arme atomique de la motion de censure, alors que cette hypothèse, depuis quelques semaines, semblait pourtant reprendre quelque vigueur parmi les députés de droite. « Cela n’a aucun sens d’aller censurer systématiquement, de manière pavlovienne, comme l’ont fait le Rassemblement national et La France insoumise. En revanche, on garde une totale liberté si le 49-3 était utilisé pour forcer la main d’une majorité, si le gouvernement ne faisait pas l’effort de trouver un accord avec le Parlement et essayait de passer en force. Si un texte ne nous plait pas, on utiliserait la motion de censure. » Et de juger : « La motion de censure peut avoir des conséquences importantes. C’est une arme à manier avec précaution, qu’on utilisera sur un texte véritablement inacceptable pour nous. »

Quant à la perspective de l’élection présidentielle de 2027, s’il ne croit guère à la possibilité, pour un héritier d’Emmanuel Macron, de s’imposer, il se montre lucide sur le danger représenté par l’extrême droite. « Quand on va arriver à mi-mandat, le paysage va changer. Les Français vont comprendre que l’astre jupitérien est derrière nous et que sa force d’attraction va faiblir très rapidement. Et on pourra lui faire confiance pour brouiller les cartes afin de ne pas avoir un dauphin trop gênant dans la captation de l’héritage. (…) Et il y a une personne qui est en pole position, c’est Marine Le Pen. » Qui, à droite, pour la contrer ? Olivier Marleix a sur ce point réaffirmé son « amitié forte pour Laurent Wauquiez, qui est mon favori ». Quant à l’échéance électorale la plus proche, le scrutin européen du 9 juin, il a défendu la tête de liste LR, François Xavier Bellamy, qui n’avait obtenu que 8,5% des suffrages en 2019 : « 8,5% c’était beaucoup mieux que les 4,78 de la présidentielle. Je lui souhaite de faire le meilleur score possible. »

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