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Portrait

Xavier Bertrand ou les trois visages du gaullisme

Photo : STÉPHANE DE SAKUTIN/AFP Plus gaulliste que sarkozyste, plus ségueniste que chiraquien, le maire de Saint-Quentin s’est d’abord construit avec la parole de Philippe Séguin, qui selon lui renvoyait plus que tout autre à celle du général de Gaulle. Il retient de ses différents mentors la fibre populaire qui l’inspire. Visiblement, le ministre du Travail – encore pour quelques jours – n’a pas besoin de se creuser la cervelle pour citer ceux qui ont balisé son parcours politique : c’est une trilogie cohé- rente qui le mène de De Gaulle à Chirac avec Séguin comme point de passage obligé de l’un à l’autre. L’explication est ainsi articulée : « le déclic de l’engagement politique, dit-il, c’est Chirac. La proximité sur les idées, c’est Séguin. La véritable référence, c’est le Général. » Une alchimie qui fera de lui ce qu’il est, un « gaulliste social », selon sa propre expression. Issu d’une famille modeste, il se souvient qu’on ne parlait guère de politique à la maison. En 1974, les siens votèrent Chaban. Il n’avait pas 11 ans et passa la soirée seul devant la télé, à tout suivre du scrutin, spectateur fasciné de ce moment intense que représentait l’élection présidentielle. Un jour, le sénateur gaulliste Jacques Braconnier repérera ce jeune adolescent assoiffé de politique et lui mettra le pied à l’étrier à Saint-Quentin, la ville de l’Aisne dont il deviendra le député-maire.

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