Vincent Feltesse

Vincent_Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux et député de la Gironde, CRÉDIT : PIERRE ANDRIEU/AFP


Sur l’aménagement numérique du territoire, la communauté urbaine de Bordeaux, engagée sur le très haut débit et initiatrice de services innovants, fait office de modèle pour les collectivités. Car pour son président, Vincent Feltesse, il faut « être à la pointe » pour rester attractif.
Pourquoi le numérique est-il important pour la compétitivité de votre territoire ? La généralisation des technologies numériques fixes et mobiles, connues et à venir, facilite l’invention de nouveaux services et de nouveaux usages. De fait, elle révolutionne la gestion des services publics et privés. Ainsi, la métropole doit offrir à tous, sur son territoire, les meilleures conditions d’accès aux réseaux et aux services numériques les plus performants et les plus ouverts possibles. Elle doit être à la pointe de cette évolution pour rester attractive, créer de nouveaux emplois et accueillir de nouveaux habitants. Quels sont vos chantiers numériques prioritaires ? Dès 2006, la communauté urbaine a mis la question de la couverture haut et très haut débit pour tous au coeur de ses préoccupations. Dans un premier temps, il s’est agi, via la DSP Inolia, de garantir l’attractivité économique de l’ensemble du territoire en proposant sur la totalité de celui-ci l’accès à la fibre optique avec des services performants pour les entreprises et les sites publics. Ensuite, devant la persistance des difficultés d’accès à Internet pour le grand public, la communauté urbaine a décidé de s’attaquer à la couverture des zones mal desservies de son territoire. C’est aujourd’hui notre principal chantier. Mais au-delà des « tuyaux », il s’agit aussi de porter une ambition plus large à travers la promotion d’une métropole 3.0, « intelligente » et respectueuse, dans un esprit d’innovation et d’expérimentation associant citoyens, producteurs de la ville, collectivités et acteurs du numérique. Avec une triple vocation : développer l’offre de services numériques autour des services urbains que chaque citoyen utilise quotidiennement, favoriser la participation des usagers eux-mêmes à l’évolution de ces services, et alimenter le dynamisme économique de l’écosystème local. Vous avez fait en sorte de développer le très haut débit de façon équilibrée entre les différentes villes. Comment y êtes-vous parvenu ? Pour que l’accès à ces services dans des conditions tarifaires acceptables ne soit pas limité aux établissements publics et privés situés à proximité de l’infrastructure de ce réseau, la communauté urbaine a mis en oeuvre une politique « travaux = fourreaux », qui permet de densifier le réseau métropolitain très haut débit et donc de se rapprocher de nouveaux utilisateurs. La mise en place de ce réseau a permis d’apporter des niveaux de services très haut débit identiques dans plus de 120 zones d’activité et d’en offrir l’accès à de très nombreux établissements publics répartis sur l’ensemble du territoire, et non uniquement sur les zones les plus rentables pour les opérateurs privés. Vous avez le projet de créer une « Cité numérique » : en quoi consiste-t-elle ? La Cité numérique a vocation à devenir un pôle d’excellence économique, culturelle et sociétale fondé sur les usages numériques. Le concept, qui trouvera corps dans un ancien centre de tri postal situé au coeur du territoire de projet Bordeaux Euratlantique, apportera à la diversité des acteurs du numérique les moyens matériels et immatériels de leur développement. La Cité numérique est conçue comme un accélérateur de projets, qui doit permettre l’épanouissement des porteurs, qu’il s’agisse d’entrepreneurs, d’artistes ou du grand public, qui les conduira à s’implanter en sortie de site sur le territoire local ou régional. En quoi tous les chantiers que vous menez peuvent-ils améliorer in fine le quotidien des habitants ? C’est bien le citoyen qui est dans la ligne de mire de l’ensemble de ces projets, visant à mettre en oeuvre notre « métropole 3.0 » : améliorer la gestion des services publics, développer des services pratiques pour les usagers, développer la participation de chacun à la conception des services, sans perdre de vue que l’ensemble de ces services doivent être accessibles à tous, sur tout le territoire communautaire…
Vous pouvez retrouver d’autres articles du cahier spécial « Numérique et Territoires » sur sfr.com

Morgane Tual
Article paru dans le cahier spécial du numéro 456
du mercredi 21 NOVEMBRE 2012

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