Souvent caricaturé, le rapport des Français à l’immigration se révèle en réalité complexe : s’ils éprouvent des inquiétudes, ils sont également conscients des apports positifs de celle-ci, notamment en matière culturelle et économique. Mais font surtout montre d’une perception déformée de la réalité.

Illustration : D.A
Nos compatriotes éprouvent-ils « un sentiment de submersion migratoire », comme l’a affirmé le premier ministre, François Bayrou, fin janvier à la tribune de l’Assemblée nationale ? À en croire un certain nombre de sondages qui se succèdent, la France donnerait de fait le visage d’un pays massivement hostile à l’immigration. Un jugement expéditif et tentant, mais trompeur, tant le rapport des Français à cette question est en réalité plus nuancé, souvent tiraillé entre inquiétudes profondes et reconnaissance implicite d’une réalité. Certes, l'immigration constitue aujourd'hui une préoccupation de premier plan. Lors des élections européennes de juin 2024, elle est même apparue comme l’un des enjeux dominants de la campagne. Mais derrière cette inquiétude affichée se cachent bien des incertitudes. Interrogés[1] sur la réalité des flux migratoires, les Français4555