Jeff Bezos. Fondateur d’Amazon. Photo Spencer Platt / AFP


Ravalées au rang de commerce artisanal il y a quinze ans, les ventes sur Internet connaissent désormais une croissance exponentielle. La Toile pourrait devenir rapidement le premier supermarché mondial.
Le temps est loin désormais où les sites marchands étaient regardés avec méfiance par les internautes, qui hésitaient à acheter sur la Toile par peur de se faire arnaquer ou de confier leur numéro de carte bancaire à un système dont personne ne connaissait la fiabilité. Le e-commerce est maintenant un phénomène de masse avec des répercussions notables sur le tissu économique au plan local. La création d’Amazon, en 1994, s’est faite sous les regards sceptiques de la concurrence, persuadée que la vente en ligne ne fonctionnerait pas, que le contact physique entre l’acheteur et le vendeur était une donnée déterminante du commerce. Cependant, dix-sept ans après sa création, Amazon est un succès planétaire et son chiffre d’affaires est habitué à une croissance annuelle à deux chiffres : 39,5 % en 2010, pour un chiffre d’affaires global de 34,2 milliards de dollars. Il faut dire que le secteur du commerce électronique devrait générer un chiffre d’affaires mondial de 680 milliards de dollars en 2011 et flirter avec les 1 000 milliards de dollars dès 2013, selon les analystes de la banque JP Morgan.
La France n’est pas en reste : ce secteur a connu une croissance de 17 % en 2010 pour s’élever à 31 milliards d’euros. Au-delà des données financières, le e-commerce démontre aussi son importance par le nombre de clients : plus d’un Français sur deux a déjà acheté en ligne. Le m-commerce (ou commerce mobile), qui se fait via les téléphones portables, a déjà séduit près de 3 millions de Français. C’est désormais 4,2 % de la consommation des ménages français en biens et services marchands qui s’effectue via les plates-formes de vente en ligne. Cette évolution induit un certain nombre de changements dans la vie quotidienne : le commerce électronique ne va pas sans une chaîne de distribution importante et sensiblement différente de celle utilisée par le commerce traditionnel. En effet, les biens achetés en ligne doivent être livrés chez le client, qui ne fait plus le déplacement en magasin. C’est toute la chaîne logistique qui doit être repensée. Les sites marchands sont très attentifs à la qualité des infrastructures de transport mais aussi à la fiscalité locale et nationale dans le choix de leurs sites logistiques. La rapidité de livraison et le coût de la plate-forme en dépendent. Chez Amazon, qui fait de sa politique de livraison gratuite un argument marketing, Montélimar a été choisi en 2010 pour accueillir l’un de ses quatre centres de distribution ouverts cette année-là.
Cette importance des conditions locales n’est pas sans conséquence sur le développement des sociétés : près d’un marchand électronique français sur trois livre dans toute l’Europe. Ce secteur économique va logiquement devenir un enjeu stratégique local et national dans les années à venir.
Le commerce électronique chinois s’invite chez Yahoo
Ancienne star du Web du début des années 2000, Yahoo est en perte de vitesse. Au point que la compagnie envisage sérieusement de se vendre. En 2008, des négociations poussées avaient été menées avec Microsoft, qui souhaitait acquérir le portail afin de muscler sa présence sur Internet. Le rachat avait finalement échoué en raison d’une divergence sur le prix par action. Microsoft proposait 33 dollars alors que le P-DG de Yahoo, Jerry Yang, en demandait 37. Microsoft réfléchit à une nouvelle candidature, mais des sources internes citées par la presse spécialisée font douter de la volonté de la compagnie basée à Redmond.
Cette fois-ci, le géant du commerce électronique chinois Alibaba – dont Yahoo est actuellement actionnaire à hauteur de 40,5 % – fait partie des acheteurs potentiels et son offre est prise très au sérieux par les analystes. Un autre signe du poids croissant de l’Asie dans le secteur de la haute technologie.
Le chiffre
64% des mobinautes, les utilisateurs de l’Internet mobile, ont déjà effectué un achat depuis leur appareil mobile. (Source InMobi)

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