Crise, polémiques, et spectre d’une poussée du Front national : c’est une rentrée maussade qu’ont illustrée les journées parlementaires. Députés et sénateurs socialistes ont broyé du noir à Bordeaux. Communication calamiteuse du gouvernement sur le budget et la fiscalité, sentiment de zigzag – pour reprendre la formule de Claude Bartolone – sur la ligne politique, polémiques à répétition dans la majorité, pression de l’aile gauche sur le pouvoir d’achat… Derrière tous ces griefs que synthétise l’impopularité du pouvoir,  il y a la sourde angoisse des élus de terrain de voir le Front national progresser partout, au point de pouvoir être présent au second tour des municipales et de rafler la mise aux européennes.
Ce constat est partagé par les parlementaires de l’UMP qui constatent eux aussi le succès auprès de leurs électeurs des idées de l’extrême droite. D’où leur exaspération face à la controverse sur le vote FN relancée par François Fillon, à la guerre des chefs qui perdure entre les nombreux prétendants à la présidentielle de 2017 ou au feuilleton des affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy.
La douceur angevine ne fut également d’aucun secours aux élus Verts réunis à Angers. Ca ne pouvait plus mal commencer, avec le départ de Noël Mamère et la démission du secrétaire national Pascal Durand, dénonçant ensemble les manœuvres d’appareil et l’entre-soi des écologistes. Cécile Duflot, en politique aguerrie, a voulu resserrer les rangs avec le dossier des Roms. Mais l’excès de son argumentation – le pacte républicain remis en cause – exacerbe un dossier dans lequel l’opinion suit Manuel Valls, et apporte de l’eau au moulin des partisans du départ des Verts du gouvernement.
La confusion est également de mise au Front de Gauche. Ses parlementaires se sont retrouvés sans Jean-Luc Mélenchon, qui a crié à l’ostracisme. Et le tribun a pu constater que les communistes ne le suivaient pas dans ses appels à voter contre le budget et à refuser tout accord avec les socialistes aux municipales. Le Front national n’a pas ces soucis. Il est resté discret, laissant les partis de gouvernement s’écharper et les Français exaspérés porter une oreille de plus en plus attentive à ses représentants.

Partager :