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1,3 million de jeunes Français sont aujourd’hui sans emploi, sans formation, sans protection sociale, et donc sans véritable avenir. Face à cette situation, l’obligation de formation portée par le gouvernement de 16 à 18 ans est un progrès qu’il faut saluer.

Mais nous pouvons aller plus loin. Alors que beaucoup de nos concitoyens semblent regretter le service militaire en tant qu’il représentait un creuset républicain, pourquoi ne pas imaginer un Service universitaire universel ? L’Université agirait en complément ou en parallèle du Service national universel, pour tous les jeunes Français sans exception.

Tout jeune Français, quelle que soit sa situation, son passé, l’avenir dans lequel il se projette, aurait accès à une année universitaire, au moment de sa majorité, pour goûter aux plaisirs du savoir, dans un environnement ouvert à chacun, traduisant un message simple : tout est accessible, tout est possible.

Ce Service universitaire universel permettrait de combattre certains maux qui affectent notre système : une sélection sociale précoce ; des formations dispensées dans des « silos » plus ou moins reconnus ; le poids écrasant de la formation initiale… Ne craignons néanmoins aucun recul des formations plus sélectives : elles seraient simplement repoussées d’une année, avec démarrage en bac+2, ce qui serait plus en phase avec les systèmes Licence-Master-Doctorat (LMD). Cela redonnerait à l’Université le rôle qu’elle jouait autrefois en France et qu’elle continue à jouer dans tous les grands pays.

Une année post-bac équitable, partagée et donc universelle permettrait de relever l’un des grands défis de notre société : faire que les jeunes de notre pays se croisent, se comprennent et échangent. C’est aussi la meilleure opportunité pour leur transmettre les principales valeurs républicaines – de la citoyenneté à la laïcité, de l’égalité femme-homme au vivre ensemble – et en faire des adversaires de toutes les formes de communautarisme.

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